Message aux candidat·es aux élections municipales de Marseille

Chères candidates, chers candidats,

Depuis 2022, notre collectif citoyen, regroupant militant·es et habitant·es de Marseille se réunit, enquête, s’informe, et réfléchit à la problématique des croisières qui s’impose dans notre cité phocéenne. Nous sommes devenus en quatre ans un observatoire sur le sujet et nous vous proposons de vous apporter quelques éléments pour orienter votre politique, si vous êtes élu·e à la mairie de Marseille.

Nul ne peut aujourd’hui ignorer l’impact sociétal et écologique que provoquent ces mastodontes des mers sur notre ville, nos mers et notre planète. Les effets vont bien au delà de la pollution de l’air, moult fois pointés du doigt pour ses conséquences sur notre santé et minimisés par les solutions partielles apportées par le secteur portuaire et les armateurs. La croissance de l’industrie de la croisière, plébiscitée aujourd’hui dans la stratégie du GPMM met aussi en danger la biodiversité marine (acidification des océans, collisions avec les cétacés, rejets de polluants, nuisances sonores et lumineuses), accélère par ses émissions de gaz à effet de serre le dérèglement climatique planétaire et pompe nos ressources en énergie et en matériaux.

    Le modèle des croisières entache également notre économie, en surfant sur des lois dans divers pays pour s’exonérer de taxes et en proposant des missions précaires aux travailleurs et travailleuses qui embarquent sur les navires, où les délits ou crimes sont noyés dans des juridictions consciemment complexes. Le retour sur investissement pour les villes qui accueillent reste nébuleux. Les études commanditées par le secteur intéressé ne semblent ni neutres, ni justes et ne prennent jamais en compte le coût sanitaire que l’activité engendre pour le contribuable. 

    Le tourisme de croisières génère que peu de nuitées et peu d’activités lucratives car le temps passé à terre est trop faible pour découvrir qualitativement Marseille et la Provence. Pour gagner du temps, les tours organisés pour les passagers qui débarquent, sont fait par les compagnies elles-mêmes en s’appuyant sur des activités au rabais afin de maximiser les profits. Et même, des activités sont proposées à bord pendant la journée, ce qui incite les croisieristes à ne pas débarquer.

    Un nouveau type de tourisme de croisières émerge également : Les croisières « haut de gamme ». Plus coûteuses pour le passager, elles sont aussi plus coûteuses pour l’environnement car si l’on rapporte les nuisances du navire au nombre de passagers qu’elles accueillent, le bilan par personne est d’autant plus lourd. Malgré l’argent avancé, aucune monnaie ne peut compenser la destruction engendrée. Malgré les gains économiques souvent vantés, aucun d’entre eux ne peuvent compensés les dommages causés. 

     Il nous semble important que la municipalité future s’engage, dans la limite de ses compétences, dans une démarche de ralentissement du tourisme de croisières à Marseille au profit d’activités plus vertueuses.

    Pour cela, nous vous proposons de :

    – Se positionner auprès des autorités compétentes pour demander une réduction de l’activité, comme ont pu le faire le maire de Nice ou le maire de Cannes auprès de la préfecture des Alpes maritimes.

    – Limiter ce type de tourisme en poursuivant par exemple, plus largement, la réglementation de la circulation des cars de croisiéristes dans le centre-ville.

    – Communiquer aux marseillais·es de façon transparente sur l’impact de la croisière à Marseille. Pour cela, nous vous invitons à commander dès le début du mandat une étude indépendante sur les impacts sanitaires, socio-économiques et environnementaux du secteur et transmettre les résultats aux habitant·es. 

    – Empêcher l’installation d’un terminal de croisières de luxe au J4, comme il est actuellement prévu dans la stratégie du GPPM. Pour cela, il est primordial que la future municipalité se réaffirme dans la gouvernance du GPMM et défende des alternatives plus bénéfiques pour les marseillais.es dans les choix stratégiques de l’avenir du port. 

    L’ensemble de nos propos sont étayées et sourcés dans notre argumentaire que vous trouverez ici sur notre site. Nous sommes disponibles pour vous rencontrer et échanger sur ces sujets.